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Fate come a casa vostra

« Fate come a casa », un court métrage de Henry Fanfan Latulyp, produit par EleNfant filM, Bologne, 2013, projeté dans le cadre de l’exposition « L’Italia trema : un portrait de l’Italie contemporaine », organisée par le CCFI de Nantes.

Ousman est malien, il vit à Bologne, il travaille, il a un appartement, bref, il se veut, il se sent et il est parfaitement « intégré », comme on dit. Il a aussi un ami envahissant, Armando, un plombier sympathique mais « rompiscatole », également venu du sud, mais du sud de l’Italie, et qui l’appelle Oswaldo, ce qui est, à soi seul, un signe de l’intégration d’Ousman-Oswaldo.
Oswaldo travaille de nuit et, ce matin-là, il rentre chez lui, dans l’appartement anonyme mais confortable qu’il a aménagé et fait sien en y installant quelques morceaux de son Mali natal. Il est fatigué et n’aspire qu’à prendre une douche et se coucher... Mais c’est sans compter avec Armando, ni avec les 2 cousins maliens qui viennent de débarquer à l’aéroport et dont il avait complètement oublié qu’ils arrivaient ce matin…
Henry Fanfan Latulyp - c’est son nom d’auteur, à lui seul tout un programme - nous propose, avec « Fate come a casa », un court-métrage extrêmement rafraîchissant, une comédie « à l’italienne », réalisée par un cinéaste congo-gabonais devenu bolonais jusqu’à l’accent, et qui donne à voir une image de l’Italie d’aujourd’hui largement ignorée. La projection de « Fate come a casa » lors de la quinzaine consacrée à l’Italie contemporaine par le CCFI de Nantes a incontestablement été l’un des événements phare de la manifestation. On ne pouvait rêver mieux, pour illustrer l’Italie de 2013, que cette rencontre à Nantes, ville qui s’est fait une spécialité des mélanges culturels, entre un cinéaste africain, un plombier « terrone », et un public prêt à toutes les aventures, curieux de parcours singuliers et en eux-mêmes déjà porteurs d’une vraie dimension artistique, comme celui qui a conduit Henry Fanfan Latulyp de Libreville à Bologne.
En quinze minutes, dans une Bologne qui n’est pas celle des touristes, et dans l’entrelacement de langues anciennes subitement rajeunies - l’italien de Bologne parlé par un africain et celui du sud confrontés à un français qui n’est pas celui de France, mais celui d’Afrique - c’est le clin d’œil malicieux et réjouissant d’une Europe d’aujourd’hui, peu montrée mais vivante, à celle d’hier, que met en scène Henry Fanfan Latulyp. Nous attendons avec impatience son prochain film.

venerdì 6 dicembre 2013, di Patrick Goutefangea