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Il Grido di Pippo Delbono al cinema

En salle à partir du 17 juin, le film Grido de Pippo Delbono, une autobiographie filmée du metteur en scène de théâtre et réalisateur. Il y revient sur des rencontres et des moments importants de sa vie, en compagnie des personnages qu’il rencontre sur sa route. Récit poétique et portrait de son parcours à travers le théâtre et la réalité. Pippo Delbono évoque en particulier sa rencontre et son amitié avec Bobò, un ancien interné psychiatrique qui participe, depuis leur rencontre, à tous ses spectacles.

Il Grido, di Pippo Delbono Delbono raconte ainsi la genèse du film, dans une interview à Cristina Piccino :
« Je voulais raconter ma rencontre avec Bobò. C’est une histoire rare et extraordinaire qui est arrivée dans un moment très sombre de ma vie et l’a complètement changée. J’étais déprimé, malade, au bord du désespoir. Je devenais fou, tout le monde m’avait abandonné, peut-être par peur… Plusieurs années auparavant, j’avais vécu une grande histoire d’amour qui s’était terminée par la mort de mon ami. Le théâtre était devenu alors la seule chose qui me raccrochait à la vie. Faire du théâtre était le seul moyen dont je disposais pour survivre. Dans cette nouvelle phase de ma vie, Bobò, ce petit bonhomme enfermé dans un asile pendant des années, m’a tout à coup ouvert un nouvel horizon, une issue à ma douleur.
Dans mes spectacles j’en parle souvent, c’est un élément métaphorique. Mais comment rendre la métaphore dans un film ? J’étais sûr d’une chose : je ne cherchais pas une méthode “traditionnelle”, je ne voulais pas partir d’un scénario, je voulais travailler avec des acteurs, Bobò et moi-même. Pour moi le cinéma est un espace de vérité où on peut exprimer le rapport avec la réalité ».
« Votre travail est fortement lié à la réalité » insiste fort à propos la journaliste. « Aujourd’hui quelles sont les difficultés pour un artiste qui veut se confronter au monde contemporain ? »
« On vit dans une époque que je définirais de schizophrénique », répond-il. « Plein de sujets ne sont pas abordés, ou on en parle de façon idéologique, donc obsolète, inefficace et sans la force de la vérité. J’y ai longuement réfléchi pendant la préparation de mon spectacle « La Menzogna », qui devait s’inspirer de la tragédie de la Thyssen Krupp, l’usine de Turin où plusieurs ouvriers sont morts dans un incendie. Finalement, j’ai parlé de mon père, de son travail tellement dur qu’il a fini par le tuer. Pour moi, c’était un choix politique. Il faut arrêter avec la rhétorique de la douleur qui a entourée ces morts, sans éprouver un vrai sens de compassion, la rhétorique du spectacle à la télévision, des larmes devant les caméras… Je pense que pour raconter notre époque, le langage est une question essentielle : ce n’est pas ce qu’on dit, mais comment on le dit. Si sur scène on parle de violences familiales, de pédophilie, c’est accepté parce qu’on est dans le contexte bourgeois du théâtre. Mais quand je me mets nu sur scène, comme dans “La Menzogna”, et que je dis au public “bonsoir”, je sais qu’il attend de moi autre chose. Ainsi, je l’oblige à rentrer dans un autre schéma et je romps ce mensonge qu’est le théâtre ».
Son premier long-métrage Guerra, a été sélectionné à la 60e Mostra de Venise et a reçu le David di Donatello (équivalent des César) du meilleur long-métrage documentaire. Grido, réalisé en 2006, a été sélectionné au Festival de Cinéma de Rome. Côté pièce, La Menzogna citée ci-dessus, sera au Festival d’Avignon 2009. L’été ne fait que commencer pour les nombreux fans français de Pippo Delbono.

dimanche 7 juin 2009, par Tiziana Jacoponi