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Passerelle de Mémoires

L’idée de passerelle, pont, couloir, voie de communication entre les générations mais aussi entre l’Histoire et la Mémoire, des notions complémentaires mais trop souvent opposées, est le principe fondateur de ce projet réunissant l’expertise numérique du laboratoire Dicen-Idf du Cnam Paris et de Ventilo Edition et la richesse des initiatives du Réseau associatif franco-italien. Il s’agit de réaliser une plateforme numérique de e-formation et de mise en relation des porteurs de projets de collectes de mémoires à vocation patrimoniale, historique, ethnographique, culturelle ou sociologique, menés par les associations d’Ile-de-France.
Pourquoi maintenant ? "La conscience de l’importance de recueillir les mémoires, les témoignages ou les connaissances par l’oralité, est aujourd’hui si largement répandue que l’on peut parler d’un phénomène de société", explique Claire Scopsi, chercheuse au laboratoire DICEN, et principale conceptrice du projet. Claire Scopsi attribue ce phénomène à un contexte favorable : "La reconnaissance du patrimoine culturel immatériel par la convention signée en 2003 par l’UNESCO a permis de populariser l’idée que les pratiques sociales professionnelles, les gestes, coutumes, cérémonies et fêtes constituent un « trésor » qui mérite d’être sauvegardé". A ceci il faut ajouter "l’essor de l’histoire populaire et de la micro histoire, qui à côté des ’grands témoins’ de la ’grande histoire’ cherche le récit de la vie quotidienne et des vécus particuliers. Enfin nous vivons dans une période de ruptures multiples, qui accroît l’urgence de conserver le témoignage de modes de vie, des activités ou des événements : désindustrialisation, transformation des pratiques professionnelles, rénovations urbaines, disparition imminente des témoins des événements de la seconde guerre mondiale".
Ces tendances ont contribué à modifier le regard porté sur « ce qui fait mémoire » et à diriger les centres d’intérêt vers des témoignages quotidiens souvent humbles et à se préoccuper d’inscrire la mémoire des minorités, des défavorisés, des acteurs de la vie et de l’économie locales et plus généralement de ceux qui n’écriront pas.
Cependant, la diffusion de caméras et d’outils d’enregistrement même intégrés dans les téléphones portables, rend nécessaire de se confronter à des nouvelles pratiques de collecte. Car, si la démocratisation des outils amplifie le phénomène, ce qui est en soi un aspect très positif, il reste néanmoins nécessaire, si nous voulons garder une trace durable de ces témoignages, de partager des standards et des connaissances communs. "Malgré le nombre de projets et l’enthousiasme des acteurs, les freins à l’achèvement des projets restent nombreux et peu de projets ont pu produire des sites ou documents largement visibles" insiste Claire Scopsi, notamment “la difficulté d’obtenir des enregistrements de qualité suffisante pour pouvoir être diffusés selon les normes auxquelles le grand public est habitué ; la méconnaissance des législations sur le droit d’auteur, les droits de diffusion, le droit à l’image etc. conduit à produire des films sans contrats de diffusion, ce qui ne permet pas leur exploitation hors d’un cercle privé et extrêmement limité ; la pérennité des projets est rarement envisagée - or, si elle n’est pas envisagée dès l’avant-projet, la conservation à long terme des documents est systématiquement compromise".
Une collecte non documentée, sans contrats de diffusion, est irrémédiablement vouée à disparaître. Dans un premier temps, le projet Passerelle des Mémoires d’Ile de France propose donc d’initier une plateforme d’aide à la conception, la mise en œuvre et la valorisation des projets Franciliens de mémoire menés par des associations. Ensuite, la conception d’un catalogue d’ateliers de formation en présentiel et un atelier mutualisé d’appui (prêt de matériel, assistance technique aux pré- et post- productions), permettra de diversifier les modalités d’accompagnement des projets.
En mai dernier, une première série de séminaires, sur les mêmes thèmes, a été lancée sous le titre Fab’Mem (Fabrique de Mémoires) et a déjà abordé la question des récits de vie, de la vidéo (notamment la frontière très subtile entre documentation et fiction), de l’utilisation des archives … Le prochain rendez-vous est prévu le mardi 26 janvier 2016 (16h30-18h30) au Conservatoire National des arts et Métiers avec Lénaïk Leyoudec (doctorant Cifre, Costech) et portera sur « Assister la mémoire familiale via l’éditorialisation de l’archive ». Car les films de famille, eux aussi, s’ils sont correctement conservés, contribuent à transmettre la connaissance du passé.

Retrouvez les annonces de séminaires et l’actualité du projet Passerelles, sur le blog du projet :
https://passerelle.hypotheses.org/

Un projet de Ventilo Editions, du laboratoire Dicen du CNAM et d’Italia in Rete, soutenu par la Région Ile- de-France dans le cadre du dispositif « Soutien à la diffusion des usages, services et contenus pédagogiques et patrimoniaux (SUSES) ».

lundi 18 janvier 2016, par Guy Estager