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Silvio’s Glam Democracy de Gerardo Maffei

Au Théâtre de Belleville de Paris, deux représentations exceptionnelles en français de Silvio’s Glam Democracy, écrit, mis en scène et interprété par Gerardo Maffei, les dimanches 24 et 31 mars, pour tous les connaisseurs de la politique spectaculaire.
Focus in a interviewé Gerardo Maffei.

Silvio’s Glam Democracy de Gerardo Maffei a été créé pour la première fois sous forme de mise en espace/installation le 8 Mars 2012 à la Kiron Galerie de Paris et publié peu après par les Éditions du Félin, dans la traduction d’ Olivier Favier, avec les illustrations de Ghisao.
La mise en scène, ainsi que l’interprétation en français étaient de l’auteur lui-même. Cette année, à l’approche des élections italiennes, ce spectacle a été repris dans une forme plus aboutie au Théâtre de Belleville le 24 et le 31 mars 2013. Cette œuvre théâtrale extrêmement actuelle et percutante, aborde, à travers la reproduction du discours politique d’un « Gouverneur » imaginaire et exalté, le thème de la spectacularisation de la démocratie, propre à notre époque, qui exalte le paraître au détriment de l’être et dont le « berlusconisme » italien n’est qu’un exemple parmi d’autres car, comme l’affirme Guy Debord « tout ennemi de la démocratie spectaculaire en vaut un autre, comme se valent toutes les démocraties spectaculaires ». Nous avons eu l’immense plaisir de rencontrer l’auteur de ce texte, écoutons ce qu’il en dit.

Cher Gerardo, tout d’abord peux-tu nous raconter, en bref, comment un auteur dramatique italien se retrouve à vivre et produire presque exclusivement en France?
Je suis venu en France par hasard, en 2008. A cette époque, ma compagne, qui travarsait une période de forte crise identitaire, me dit qu’elle voudrait fuir avec moi, à Paris ou à Buenos Aires. Finalement on a choisi Paris. Au début, cela me paraissait fou. Ensuite, à 34 ans, j’ai éprouvé l’ivresse de détruire ma vie pour en commencer une autre nouvelle, et j’ai tout naturellement continué à travailler comme dramaturge en France.

Bien. A quel moment est née l’idée de ce texte sur la Glam Democracy et comment est-il construit concrètement?
En 2008 j’étais sur scène, à Milan, avec mon spectacle Memorie di Barry Lindon, une réécriture personnelle du roman de Thackeray. Un soir, j’ai inséré dans le texte un extrait d’un discours sur la liberté, prononcé par Berlusconi en Espagne. Personne dans le public s’en est aperçu... Les mots de Berlusconi s’inséraient parfaitement dans l’élégante prose victorienne de Thackeray! Et comme ça est née l’idée du texte Silvio’s Glam Democracy.

Du coup, j’ai envie de te demander quels sont tes rapports avec l’Italie et la politique Italienne, en particulier avec le «berlusconisme».
Je suis un produit et une victime des années 80, donc aussi du «berlusconisme». Je pense que résumer le phénomène du «berlusconisme» à la personne de Berlusconi est extrêmement bourgeois. En réalité, tout ça a commencé bien avant. Je pense, par exemple, au célèbre slogan « qui m’aime me suive »: c’étaient des fesses qui parlaient. C’était une publicité pour des jeans “Jesus”. C’étaient les années 70.
Voilà, tout cela vient de très loin, de ce « génocide des cultures », pour parler comme Pier Paolo Pasolini, qui a tué l’être en le remplaçant par l’image spectaculaire. Le berlusconisme en est la suite logique.

Qu’as-tu voulu montrer à travers cette œuvre théâtrale et quelles nouveautés as-tu apportées - s’ il y en a - dans cette nouvelle mise en scène?
La mienne est une pure expérimentation de manipulation envers le public. J’adore le terme «présenter». Je déteste, en revanche, la re-
présentation. Le mien est un théâtre cruel. Ce n’est pas un théâtre rassurant ni politique, mais un théâtre qui «présente» et qui oblige le public à réfléchir. Le spectacle de 2011 au Kiron Espace était un premier essai, une mise en espace assez simple de mon texte. Cette fois-ci je fais une véritable mise en scène, plus aboutie à tous les points de vue.

Pour terminer, caro Gerardo, dis-nous pourquoi faut-il aller voir Silvio’s Glam Democracy.
Pour se voir au miroir. Le miroir est un élément récurrent de mon texte, symbole spectaculaire d’une génération, la me-generation, très occupée à se regarder au miroir et à satisfaire ses propres besoins. Une génération qui se contemple et qui a perdu de vue ce qu’il y a à l’extérieur. Silvio’s Glam Democracy est, en quelque sorte, un dernièr cri de défense de ce grand monstre appelé capitalisme spéctaculaire. Rires...

Silvio’s Glam Democracy
Ecrit, mis en scène et interprété par Gerardo Maffei
Traduction Olivier Favier
Assistante à la mise en scène Olimpia Marmoross
Décor, costumes Marta Pasquetti
Assistants décor et costumes François Ernoult, Camille Le Gall
Avec la participation de Olimpia Marmoross

Théâtre de Belleville
94, rue du Fbg du Temple (entrée dans le Passage Piver)
75011 Paris. Réservations: 0148067234

venerdì 29 marzo 2013, di Rossana Alkham