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Sosteniamo Antonio Tabucchi e la libertà d’espressione

Le edizioni Gallimard e il quotidiano Le Monde hanno lanciato un appello a sostegno di Antonio Tabucchi, ripreso poi dal blog del giornale online Mediapart. Hanno aderito grandissimi nomi del cinema e della letteratura, intellettuali, giornalisti ed artisti francesi, italiani. Persino gli scrittori danesi hanno firmato in massa. In tutto - in poco più di 15 giorni - 6000 firme. Nulla rispetto alla gravità della situazione. Riportiamo l’appello che vi invitiamo a sottoscrivere sul sito di Mediapart.

Antonio Tabucchi Nel prossimo numero di Focus In, l’intervista allo scrittore

L’appello


Les démocraties vivantes ont besoin d’individus libres. D’individus courageux, indisciplinés, créatifs. Qui osent, qui provoquent, qui dérangent. Il en est ainsi des écrivains dont la liberté de plume est indissociable de l’idée même de démocratie.
De Voltaire et Hugo à Camus et Sartre, en passant par Zola et Mauriac, la France et ses libertés savent ce qu’elles doivent au libre exercice de leur droit de regard et de leur devoir d’alerte face à l’opacité, aux mensonges et aux impostures des pouvoirs. Et l’Europe démocratique, depuis qu’elle se construit, n’a eu de cesse de conforter cette liberté des écrivains contre tous les abus de pouvoir et les raisons d’Etat.
L’écrivain Antonio Tabucchi se voit réclamer la somme de 1,3 million d’euros de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre de Renato Schifani, président du Sénat et avocat sicilien. Celui-ci est le principal soutien du président du conseil, Silvio Berlusconi. En mai 2008, dans le quotidien de gauche L’Unita, M. Tabucchi avait écrit que M. Schifani avait, par le passé, fait l’objet d’une enquête sur ses liens supposés avec des mafieux. Il reprenait des informations déjà parues et précisait que le président du Sénat avait été "absous". L’épisode illustre la violence des liens entre le pouvoir et la presse.
Or voici qu’en Italie cette liberté est mise en péril par l’attaque démesurée dont fait l’objet Antonio Tabucchi. Le président du Sénat italien, Renato Schifani, lui demande en justice la somme exorbitante de 1,3 million d’euros en raison d’un article paru dans L’Unita, lequel journal n’est cependant pas poursuivi. Le crime d’Antonio Tabucchi est d’avoir interpellé M. Schifani, personnage central du pouvoir berlusconien, sur son passé, ses relations d’affaires et ses fréquentations douteuses - toutes questions sur lesquelles il rechigne à s’expliquer. Interroger l’itinéraire, la carrière et la biographie d’un haut responsable public fait pourtant partie du nécessaire questionnement et des légitimes curiosités de la vie démocratique.
Intimider une conscience
Par le choix particulier de sa cible - un écrivain qui n’a pas renoncé à exercer sa liberté - et par la somme réclamée - un montant astronomique pour une affaire de presse -, l’objectif recherché est d’intimider une conscience critique et, à travers elle, de faire taire le plus grand nombre. Des récentes poursuites contre la presse d’opposition à ce procès fait à un écrivain européen, nous ne pouvons rester indifférents et passifs devant l’offensive du pouvoir italien contre la liberté de jugement, de critique et d’interpellation.
C’est pourquoi nous témoignons de notre solidarité avec Antonio Tabucchi et vous appelons à nous rejoindre, en signant massivement cet appel.

(da Le monde, 19/11/2009)

dimanche 6 décembre 2009, par Patrizia Molteni