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Terra di Cinema : un festival aguerri

« Combattre, combattre, combattre », c’est ainsi que nous incitait à résister, au nom du cinéma et de la critique, Jean Douchet, célèbre critique français.
Terra di cinema est née d’un multiple désir :
- résister à l’hégémonie d’un cinéma anglo-saxon afin de ne pas voir disparaître une grande partie de notre héritage culturel et de ne pas tendre vers une pensée unique.
- offrir aux adhérents de l’Association Parfums d’Italie et aux étudiants du cours d’italien l’opportunité d’entendre la langue italienne.
- implanter à Tremblay-en-France un lieu de culture italienne, d’où l’appellation « Terra di cinema ».
L’association Parfums d’Italie, à l’origine du festival, a comme objectif de promouvoir la culture italienne, celle qui franchit difficilement les Alpes car n’ayant pas les réseaux commerciaux adéquats ou ne correspondant pas aux modes imposés par la mondialisation.
Parfums d’Italie est une association ouverte à tous, ni régionaliste ni nationaliste. Nos adhérents sont français et italiens, ou italiens et français, ou autres…Notre association est culturelle, amoureuse de l’Italie authentique et critique envers celle que les médias nous imposent.
L’âge d’or du cinéma italien résonne toujours dans l’esprit des Français et il semble ou il semblait que la créativité cinématographique italienne se soit arrêtée au début des années 80. Après, le vide ? Pourquoi plus rien ? Pensez-vous réellement qu’après Rossellini, Comencini, Fellini… les Italiens n’avaient plus rien à dire ? L’héritage était-il un fardeau si lourd à porter ? Ou étions nous passés à autre chose ? L’attention des spectateurs n’était-elle pas dirigée ailleurs ? Les explications sont multiples et méritent d’être approfondies.
Créer un festival de cinéma dans une banlieue et dans ces conditions tenait de l’héroïsme ou de l’inconscience. D’autant que le pari était de ne montrer que le nouveau cinéma italien, celui que personne ne va voir. Nos adhérents et les élèves du cours d’italien du comité de jumelage de Tremblay-en-France deviendront les messagers de la manifestation, les « artisans » de cette culture du bouche à oreille.
Le festival a grandi. De cinq films nous sommes passés à cinquante films, fictions, documentaires et courts métrages confondus. La manifestation est attendue et se revendique un lieu de plaisir, de réflexion et de convivialité. Les films sont choisis pour leur pertinence, leur vision de la société et leur approche artistique. Nous avons tissé autour du festival une véritable toile de partenaires et amis. Militants associatifs, enseignants, étudiants, professionnels du cinéma… sont des communicants d’exception. L’organisation s’est enrichie de nombreux documentaires et courts métrages, autres parents pauvres des cinémas. Les élèves de la FEMIS (école nationale supérieure de l’image et du son) ainsi que les professionnels du court métrage deviennent les jurys pour les prix. Nous contactons les médiathèques italiennes, ramenons des trésors, travaillons avec les régions, sous-titrons des films…
Le sous-titrage s’installe à Tremblay-en-France, les enfants s’emparent des films courts pour en détourner l’histoire et incruster sous l’image leurs propres textes avec leur propre vision : une façon de dire que l’on peut faire dire ce que l’on veut aux images.
Terra di cinema dure toute l’année, nous nous déplaçons dans différents festivals : Venise, Annecy, Villerupt, Turin, Rome… proposons des « antipasti (des films italiens) » tous les deux mois à notre public, à qui nous offrons également des expositions, des cafés littéraires, des concerts… de ces échanges naissent des idées, et on peut s’interroger quant au chemin qu’elles parcourront, des rencontres qu’elles feront et des ramifications qu’elles engendreront. Les idées portent à réflexion…

www.festival-terradicinema.com

jeudi 30 décembre 2010, par Raphaël Capaldi